Parisien d'origine chinoise, Frédéric Chau officie au Jamel Comedy Club. Aux antipodes des clichés chinois, le jeune homme est extraverti et particulièrement loquace. Chau devant !
Le rendez-vous fut fixé au Vrai Paris, un café de la rue des abbesses (XVIIIème), son quartier depuis quelques temps. Frédéric Chau arrive décontracté et souriant. Son look frais et branché et sa tchatche confirment que le jeune comédien s'est affranchi des barrières communautaires des Chinois de Paris. “J'ai grandi dans le 93 en plein essor de la génération black, blanc, beur, j'étais la quatrième roue du carrosse”.
La commande passée, il raconte son arrivée à Paris. « On était quinze dans un F3, mon père enchaînait trois jobs, la barrière de la langue, l'école, rien n'était évident ». Mais les Chinois ont entre eux, une solidarité de fer. Ceux déjà installés s'occupent des démarches administratives pour les nouveaux arrivants. « Et puis on a déménagé dans le 93. J'étais un enfant bagarreur, je voulais être comme tout le monde, pas le « chintok » du quartier ». L'enfant terrible s'est assagi. Aujourd'hui, il avoue ressentir une forte attirance pour son pays d'origine.
Le serveur apporte nos cafés. L'occasion de changer de sujet et de savoir ce qu'il pense de sa communauté. Silence. Il semble peser ses mots. « Les Chinois sont des gens méfiants et résignés, ce qui m'exaspère. Au restaurant, si une personne parle trop fort, je lui demande de baisser d'un ton. Mon père subira sans broncher. C'est culturel. »
Egalement culturel : le sens de l'excellence. Reprenant dans ses sketchs les conseils paternels, Frédéric Chau confirme la véracité de ce fidèle cliché associé aux chinois : « Tu me fous la honte à faire le comédien. (...) Retourne à tes mathématiques ! » La réputation de la famille est très importante. « Les chinois ont un sens de l'honneur digne de tous les codes de la mafia », précise-t-il avec humour. « On a aussi un sens inouï des affaires. Quand la cuisine japonaise est devenue tendance, les chinois ont investi le business. Faîtes le test, au restaurant, demandez au serveur qui vous amène vos sushis comment se dit bon appétit en japonais... Il vous offrira le café pour éviter de répondre. »
Frédéric Chau aspire au septième art... Version Guillaume Canet plutôt que Jackie Chan, dont il souligne avec ironie, au Jamel Comedy Club, les dialogues monosyllabiques qui accompagnent les mouvements ralentis précédant l'attaque. Lucide, il sait que sa carrière sera difficile à lancer. « Mais ça change », dit-il, « la transition prendra du temps, c'est normal. En attendant, il m'arrive de me retrouver dans des situations aberrantes ». Et de m'expliquer comment à l'issue d'une série de casting pour un rôle de scientifique dans une série télévisée inspirée des Experts, la responsable des programmes de France 2 l'a refusé, car « un asiatique, c'est futuriste et la France n'est pas prête ». No comment.
Le rendez-vous fut fixé au Vrai Paris, un café de la rue des abbesses (XVIIIème), son quartier depuis quelques temps. Frédéric Chau arrive décontracté et souriant. Son look frais et branché et sa tchatche confirment que le jeune comédien s'est affranchi des barrières communautaires des Chinois de Paris. “J'ai grandi dans le 93 en plein essor de la génération black, blanc, beur, j'étais la quatrième roue du carrosse”.
La commande passée, il raconte son arrivée à Paris. « On était quinze dans un F3, mon père enchaînait trois jobs, la barrière de la langue, l'école, rien n'était évident ». Mais les Chinois ont entre eux, une solidarité de fer. Ceux déjà installés s'occupent des démarches administratives pour les nouveaux arrivants. « Et puis on a déménagé dans le 93. J'étais un enfant bagarreur, je voulais être comme tout le monde, pas le « chintok » du quartier ». L'enfant terrible s'est assagi. Aujourd'hui, il avoue ressentir une forte attirance pour son pays d'origine.
Le serveur apporte nos cafés. L'occasion de changer de sujet et de savoir ce qu'il pense de sa communauté. Silence. Il semble peser ses mots. « Les Chinois sont des gens méfiants et résignés, ce qui m'exaspère. Au restaurant, si une personne parle trop fort, je lui demande de baisser d'un ton. Mon père subira sans broncher. C'est culturel. »
Egalement culturel : le sens de l'excellence. Reprenant dans ses sketchs les conseils paternels, Frédéric Chau confirme la véracité de ce fidèle cliché associé aux chinois : « Tu me fous la honte à faire le comédien. (...) Retourne à tes mathématiques ! » La réputation de la famille est très importante. « Les chinois ont un sens de l'honneur digne de tous les codes de la mafia », précise-t-il avec humour. « On a aussi un sens inouï des affaires. Quand la cuisine japonaise est devenue tendance, les chinois ont investi le business. Faîtes le test, au restaurant, demandez au serveur qui vous amène vos sushis comment se dit bon appétit en japonais... Il vous offrira le café pour éviter de répondre. »
Frédéric Chau aspire au septième art... Version Guillaume Canet plutôt que Jackie Chan, dont il souligne avec ironie, au Jamel Comedy Club, les dialogues monosyllabiques qui accompagnent les mouvements ralentis précédant l'attaque. Lucide, il sait que sa carrière sera difficile à lancer. « Mais ça change », dit-il, « la transition prendra du temps, c'est normal. En attendant, il m'arrive de me retrouver dans des situations aberrantes ». Et de m'expliquer comment à l'issue d'une série de casting pour un rôle de scientifique dans une série télévisée inspirée des Experts, la responsable des programmes de France 2 l'a refusé, car « un asiatique, c'est futuriste et la France n'est pas prête ». No comment.


